Plan de site

Tableaux depuis 1986 / Signes

Extrait du texte de Sylvie Couderc publié dans le catalogue Maya Andersson, Galerie Stadler Paris, 1988.

La peinture de Maya Andersson ne livre aucune prolifération de signes. Elle est, au contraire, économie, choix et sélection. Tendue vers cette volonté d’abstraction, elle n’en est pas moins expressive. Chaque toile nous est donnée comme le lieu où s’échangent et se complètent, sans intention didactique, les figures d’une représentation idéale.
Chaque œuvre peinte ne retient que « les signes indispensables à sa survie » ou « les signes essentiels, seuls nécessaires à la définition de l’idée ». Ces propos de l’artiste, extraits de ses carnets de notes, sont le reflet le plus exact de la rigueur et de la ténacité qui dominent une picturalité en quête de sa propre vérité.

Après avoir expérimenté pendant plusieurs années la notion de « trace » avec sa ribambelle de lieux communs : détourer son corps, en montrer l’absence, se rouler dans la terre, se glisser sur le sol, arpenter des territoires, habiter des sites de peinture, un certain nombre de signes se sont imposé comme métalangage : cercles, triangles, spirales, constructions cruciformes ou pyramidales. Le signe est une appréhension du monde dans sa représentation souvent maladroite et schématique d’objets concrets (homme, animal, outil, nourriture, soleil, eau, etc.) Dans l’énumération ou l’agencement qui peut en être fait, ces signes s’organisent dans l’espace et la temporalité des « tableaux », par le langage de la peinture.
La plupart de mes tableaux de 1985 à 1995 sont des peintures à fond noir. Comme si tout était déjà inscrit dans la profondeur du tableau et qu’il s’agissait de sortir de l’obscurité, d’extraire les éléments utiles à ma propre mythologie. Les signes disposés dans le tableau font appel à ma mémoire, aux images et aux archétypes qui m’ont façonnée.

« Cependant les choses autour de nous ne sont pas silencieuses : elles ont un message à nous transmettre, elles aussi ; sous un ciel pas encore blanc (mais on sent qu’il ne tardera pas à le devenir), elles sont une réunion qui dit :
« On est là ; regardez-nous. »

C. F. Ramuz, Les signes parmi nous, 1929.


Aller à la galerie

www-maya-andersson.com © 2014-2056