Plan de site


Paysages (2016—2018)

Notes de travail à propos du paysage dans mon travail actuel

Maya Andersson, Bouliac, 30 juin 2018


Le paysage est une « invention » qui concerne la peinture et se décline en peinture.


Observations :

dans la peinture ancienne, le paysage, souvent en arrière plan, jouait le rôle d’un décor assujetti à la scène, au sujet du tableau.

Dans les tableaux de Piero della Francesca, dont les personnages sont traités de manière très hiératique, les paysages toscans sont d’un réalisme étonnant. Avec l’œuvre de Poussin on assiste à un intérêt particulier pour le traitement de la nature. Les ciels deviennent plus « climatiques », la lumière filtre à travers les feuillages, les personnages font corps avec le décor. À peine plus tard, la nature dans les tableaux de Ruysdael devient le sujet du tableau, on peut parler de paysage comme « genre » à part entière.

Constable ne s’est pas privé de peindre des paysages anglais avec les ciels les plus expressifs. C’est à cette époque qu’apparaît une science encore naissante qui, en observant la direction du vent et la caractéristique des nuages va donner naissance à la météorologie. On dit même que les tableaux de Constable ont été utiles à la vérification de certaines de leurs observations ! Et je pourrais ainsi poursuivre la liste des peintres qui ont marqué mon plaisir de la peinture de paysages. Je choisis parmi d’autres encore Corot, Monet, Friedrich, Hodler, Munch, Vallotton, Hopper, Richter…

Peindre des « paysages » est pour moi plus que jamais un « désir de paysage » et selon Deleuze : Un désir de paysage est un « agencement » c’est à dire un ensemble de conditions qui font que la chose prend forme.

J’ai la possibilité par la peinture de traduire des « émotions et sensations » ressenties lors de voyages ou déplacements proches ou lointains et bien sûr autour de la maison, de l’atelier. Tout y est question de lumière, d’odeur, de température, du chant des oiseaux, du clapotis de l’eau, de brume ou de givre matinal, d’un coucher de soleil… Des « véritables paysages » en peinture.

Visiter la galerie Paysages

Anecdote autobiographique en réponse à cette question


Comment parler de ce travail de mémoire qui caractérise ton œuvre… y a-t-il une personne dans ton entourage dont tu pourrais dire qu’elle t’a initiée à la pratique de la peinture ?

Mon « initiation », ma sensibilité à l’art est bien postérieure à mes années d’études. J’ai vécu mon enfance et adolescence à Vevey, une petite ville des bords du lac Léman. Mon père était ébéniste, descendant d’une génération d’ébénistes et ma mère issue d’une famille de forestier, bûcheron, scieur de bois, charpentier. De ce milieu d’artisans j’ai retenu le désir et le plaisir de faire, de construire, d’assembler, de coller, de découper, de poncer etc.

Mon père était un amateur passionné d’art et de la peinture en particulier. Depuis mon enfance, nous avons parcouru la France qu’il adorait, l’Italie, l’Espagne, le Portugal aussi, de musées et galeries d’art en monuments historiques.

Il aimait peindre en amateur et les dimanches de pluie nous installions une « nature morte ou un bouquet » sur une table et je peignais à ses côtés. Quand il faisait beau, nous allions dans la campagne où il installait son chevalet pour peindre des paysages « sur le sujet » comme il disait. Devant l’immensité que représentait pour moi ce « sujet », ne sachant comment choisir ce que je voulais peindre sur mon petit tableau, je copiais ce que faisait mon père. C’est comme ça que j’ai appris à peindre.

J’ai aussi passé quelques après-midi chez un peintre de la région inspiré par la peinture hollandaise. Je me souviens d’avoir peint à ses côtés une nature morte composée d’objets de différentes matières, verre, étain, bois, tissus. Il me montrait, pinceau en main, comment respecter ces nuances et jouer avec la lumière pour les révéler. C’est probablement à ce moment là que mon « devenir peintre » a commencé…

Maya Andersson Maya AnderssonMaya Andersson


Fleurs (2017—2018)

Notes de travail à propos des fleurs dans mon travail actuel

Maya Andersson, Bouliac, 30 juin 2018


Les tableaux récents qui représentent des fleurs participent des mêmes motivation, observation, immersion, traduction, que les paysages mais en « vue rapprochée ». Le détail prend alors toute son importance, la peinture révèle la sensualité du sujet/fleur et ses représentations sont nombreuses dans l’histoire de la peinture.


Observations :

fleurs de papyrus et lotus de Egypte ancienne - représentations florales, oiseaux et fruits des maisons de Pompéi - fleurs comme éléments décoratifs dans les enluminures du Moyen-âge - symbolique du lys blanc puis de l’iris dans la peinture flamande - L’eau mystérieuse de Biéler : fleurs de nénuphar dans un bassin entouré de femmes vêtues de robes à fleurs - coquelicots, nymphéas et autres fleurs, le toucher du pinceau, délicatesse de la couleur de Monet - les touches de pinceau qui suivent le mouvement des pétales des tournesols de Van Gogh – les fleurs dans les intérieurs de Matisse – les bouquets subtils de Morandi - les jungles à fleurs luxuriantes de Rousseau - les fleurs monumentales, observation minutieuse de la nature, de O’Keeffe - les fleurs « photographiques » de Richter - les bouquets sur les tables de Borgeaud…

Visiter la galerie Fleurs

Anecdote de situation


La couleur des fleurs entre par les fenêtres de mon atelier, je cueille les fleurs pour en faire des bouquets, dans la serre les cactus sont en fleur, l’artichaut oublié au jardin fait une fleur bleue magnifique, les fleurs de roquette et de capucines sont dans la salade, les roses commencent leur deuxième floraison, le jasmin embaume la maison, le buddleia et la lavande attirent les abeilles, les hydrangeas sont immenses et nombreux côté nord, le vieux géranium ne cesse de fleurir, c’est l’été.

Maya AnderssonMaya Andersson Maya Andersson

Maya Andersson

Haut de page

www-maya-andersson.com © 2014-2056